Spring is hate...

Pas gentil, Kindle

La semaine dernière, Amazon a annoncé la sortie de son Kindle à 99 EUR. La réputation du Kindle n'est plus à faire, on peut parier que la plus grande librairie du web tente de conquérir le marché du livre électronique hexagonal, marché qui reste, pour le moins, à prendre.

Je lis pas mal. Par périodes, certes, mais il m'arrive d'aller faire pleurer ma carte bleue dans les librairies du coin et d'empiler des romans - surtout des polars - sur ma table de nuit dans l'espoir de pouvoir rallonger les journées et me farcir 1000 pages avant que le sommeil ne me prenne.

En tant que geek affirmé et lecteur assidu, l'idée de pouvoir posséder un e-book m'était parue alléchante. Mais mon côté libertaire me fait détester les à-côté enquiquinants qui accompagnent ce medium... Les DRM.

Autre point très gonflant : la pauvreté du catalogue francophone. Franchement, si tu cherches ton auteur favori, même un auteur TRÈS CONNU (Pratchett, Tolkien, Asimov...) il y a de fortes chances pour que tu tombes sur une version anglaise, et pas française. Pour le reste, tu tombes sur tous les Jules Verne de la Terre, les Sherlock Holmes et quelques Agatha Christie. À ce rythme-là, le premier Ken Bruen de la série des Jack Taylor sera disponible en e-book quand ma fille sera en âge de le lire. Certes, je peux lire certains romans en V.O., mais pas tous. Et il y a pléthore d'auteurs francophones intéressants. Je ne vais quand même pas attendre qu'ils soient traduits en anglais pour pouvoir les acheter en édition Kindle, hein ?

Il y a pire. À force d'escalader mentalement ma bibliothèque à la recherche d'un auteur dont un des livres pourrait atterrir dans ma putative liseuse électronique. Et je suis tombé sur ça : La récup, par Jean-Bernard Pouy

C'est un roman que je possède déjà, et qui, ma foi est assez plaisant à lire. J'aime bien Pouy, depuis longtemps. Ce qui est alarmant au plus haut point, c'est le prix. Le PRIX. Regarde bien ! Regarde mieux !

  • Édition de poche : 6,17 EUR
  • Édition électronique : 11,99 EUR.

On me signale gentiment que le prix est fixé par l'éditeur, mais BORDEL C'EST IMPENSABLE !!! Un livre électronique, qu'on duplique au prix de quelques microsecondes et des poussières de milliwatts, qu'on met en page en une seule fois, à partir des maquettes utilisées pour le papier, qu'on n'a pas à transporter en avion / bateau / camion, ce livre pour lequel tous les intermédiaires ont été court-circuités ; ce livre coûte LE DOUBLE de son édition papier.

Les bras m'en tombent. Les coûts sont réduits, fondent comme neige au soleil... et le prix DOUBLE. Si le prix était le même, on pourrait affirmer que c'est à cause de la loi sur le prix unique du livre. Ou qu'on profite de la réduction des coûts pour généreusement rétribuer l'auteur, le parent pauvre de l'édition. Ben même pas.

Je ne comprends pas. Comment voulez-vous développer le livre électronique dans ces conditions ? Comment voulez-vous me donner envie d'essayer ce support pour autre chose que des livres tombés dans le domaine public ?

Chers éditeurs, chers distributeurs, cher Amazon : si vous voulez vraiment vous faire une clientèle de lecteurs, étoffez votre offre, cassez les prix, proposez quelque chose qui booste la lecture...

Là, on dirait que vous faites semblant de faire la promotion du livre électronique.

10 Oct. 2011 - 23:34, par LordPhoenix

Il faut faire attention à ne pas tout mélanger les responsabilités sont plus à chercher du coté des éditeurs que du coté d'amazon. amazon n'a aucun intérêt à limiter la taille du catalogue de livre électronique, il est bien plus préférable pour lui de vendre des livres sous cette forme que sous forme papier. Et les prix de vente (en France) sont fixé par l'éditeur.

Bon par contre là où amazon est chiant c'est les sur les DRM et sa tentative d'enfermer le client chez lui…

Mais dans tout les cas ils voudraient effectivement faire planter le truc qu'ils ne s'y prendraient pas autrement. Mais bon pour nous c'est pas grave on arrivera toujours à trouver des epub en torrent :)

10 Oct. 2011 - 23:50, par Bast

Je me demandais justement si j'allais craquer. Merci de m'avoir rafraîchi les idées.

Je rajouterais également une couche sur la notion du prêt : 90% des livres que je lis me sont prétés par des collègues, des amis, de la famille. Si j'ai un Kindle, je suis obligé de me l'acheter moi-même et en plus de l'avoir payé une petite fortune, je ne peux pas le prêter à qui que ce soit.

11 Oct. 2011 - 08:08, par Laurent Claessens

Quelque suppositions ...

Peut-être qu'on sous estime le coût de la duplication du livre électronique et qu'on surestime celui l'imprimerie en papier ...

Pour rappel, déjà au XVIIIième, les éditeurs se plaignaient que les imprimeries pirates dupliquaient pour un coût quasiment nul. Je parie qu'avec le prix d'une imprimerie complète d'il y a 3 siècles on ne se paye même pas le système de refroidissement du centre de donnée de Kindle ... sans compteur évidemment le coût de la gestion des DRM (pléonasme inside).
Bref, non la duplication électronique n'est pas gratos, loin s'en faut.

... et une certitude :

On ne surestime jamais trop la capacité qu'on les jeunes à dépenser plein de fric pour avoir des trucs électronique à la mode bling bling.


11 Oct. 2011 - 10:35, par M

Kindle surprise !

11 Oct. 2011 - 12:52, par DJ

@Laurent
"...pour avoir des trucs électronique à la mode bling bling"

Euh l'excusse "c'est pour lire des livres" c'est juste valable quand un jeune veut acheter un ipad et qu'il doit convaincre ses parents, pas une liseuse comme le kindle

Déjà avouer lire, pour une jeune c'est une perte de crédibilité..

9 Déc. 2011 - 13:46, par No'

Droit de suite : [le bilan carbone du livre électronique](http://aldus2006.typepad.fr/mon_weblog/2011/12/bilan-écologique-papier-livre-numérique.html)

En fait, c'est surtout le bilan de la liseuse qui pèse dans la balance. Le livre, lui, est beaucoup plus coûteux en énergie.


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