Internet et Jean Grenet
Je me permets ici, pour la première fois, de reproduire verbatim un entrefilet paru dans le journal Sud-Ouest du samedi 17 octobre (c'est à dire hier). Je te prie de bien vouloir m'en excuser, ce n'est pas dans mes habitudes - mais le texte reste assez court, on peut difficilement en extraire une citation ; et ce texte est, je pense, important et trop grave pour le couper.
Les amis internautes de Jean Grenet
Jean Grenet n'est pas du genre à dissimuler ses lacunes, surtout lorsqu'elles concernent internet. "Je suis totalement incompétent, je m'agace devant cette bécane", a lâché, lundi, le maire devant l'inspecteur d'académie avec lequel il signait une convention pour la création d'un site réservé aux écoles de Bayonne. Avec l'objectif d'éviter, pour les autres une facture numérique... dont il semble être l'une des premières victimes.
"Je ne sais pas si j'ai beaucoup d'amis sur Google ou je ne sais quoi, je m'horripile lorsque j'essaie de le faire marcher. Je me demande vraiment comment font ceux qui y passent des journées entières".
Tout d'abord une remarque sur la forme : la faute de typo concernant la facture numérique. Le journaliste voulait certainement dire "fracture". On se demande si ce n'est pas un lapsus.
Ensuite... Comment dire ?... Jean Grenet se déclare incompétent
. Le mot à lui tout seul l'accable. Et pas seulement en tant que simple utilisateur. Tout peut s'apprendre, à force de travail et de persévérance...
Mais voilà un député qui cherche ses amis sur Google
(quelqu'un devrait l'inciter à chercher dans Facebook, peut-être aurait-il plus de chance ?).
Voilà un député qui ne comprend pas Internet, ni son utilité, ni son utilisation.
Voilà un député qui ne comprend pas que des gens y passent leurs journées... Dites-moi, monsieur le député-maire, savez-vous qu'il y a même des gens qui ont pour métier d'y passer leurs journées ? Des économies entières sont même fondées sur ce réseau des réseaux. Des milliards de milliards de bouts d'information, d' e-mails, de discussions, de documents de travail transitent en effet à longueur de journée, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, trois-cent-soixante-cinq jours un quart par an, sur tous les territoires.
En effet, Jean Grenet ne comprend pas Internet. Certes, son mérite est de le reconnaître. On ne peut pas lui en vouloir pour ça. Mais alors qu'il fait cet aveu, de lui-même, c'est lui, qui ne comprend pas Internet et ses utilisateurs, qui a voté pour la loi Hadopi 2.
Je suis internaute : Jean Grenet ne me représente pas.
18 Oct. 2009 - 14:05, par NiKo
19 Oct. 2009 - 10:33, par Dia
A la question : quand vous souhaitez être informé de ce qui se passe à Bayonne, vers quel moyen vous tournez-vous ( ? ), les Bayonnais ont répondu en 1) le Magazine municipal, en 2) la presse locale, en 3) le bouche à oreille. Internet n'arrive qu'en 4ème position avec à peine 33% des réponses. Ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les Bayonnaises et les Bayonnais !
On veut faire croire beaucoup de choses avec Internet, mais la vérité est qu'internet est un espèce de défouloir public, couvert par une fantaisiste liberté d'expression, où il ne se passe pas grand chose et où la vérité est souvent erronée. Je ne passe pas mes journées sur internet, moi. Je travaille. J'agis. Et les électeurs peuvent se rendre compte du travail accompli dans leur commune en lisant le magazine municipal.
D'ailleurs, nous n'avons finalement pas mis en ligne le module internet qui devait permettre de participer aux ateliers de rédaction de la participation citoyenne. Ca ne sert pas à grand chose. C'est du pur artifice et ça se transforme vite en chienlit.
Nous avons aussi mis fin aux inscriptions à ces ateliers. Le nombre de participants était très largement suffisant pour démarrer un « vrai travail » avec du papier et des stylos. Et comprenez que les medias ne le relèveront même pas.
Quant à Hadopi 2, il n'y a pas besoin d'être diplômé du mulot pour comprendre que c'est une bonne loi, progressiste, et qu'il y a un vrai besoin de régulation dans ce foutoir.
Je n'ai qu'un conseil amical à vous donner, Monsieur : achetez un crayon et mettez vous au travail. Internet c'est beaucoup de super flux, mais très peu de résultats. Regardez Jean Sarkozy, vous croyez qu'il passe ses journées sur internet ? Non, il travaille. Comme tous les jeunes qui en veulent.
19 Oct. 2009 - 11:34, par No'
19 Oct. 2009 - 11:44, par Delphine Dumont
Je suis bien d'accord. Les flux RSS de bonne qualité sont nombreux et très instructifs. Voulez-vous que je vous apprenne à les utiliser ? Je suis à votre disposition. :)
19 Oct. 2009 - 12:07, par Dia
19 Oct. 2009 - 14:01, par Pierre D
Apparemment, il y a des lois qui "valent" le déplacement.
19 Oct. 2009 - 14:45, par dhabrelin
Non, pas besoin d'être diplômé du mulot, effectivement. Par contre, là où il faudrait peut-être commencer à réfléchir sur le sujet, c'est lorsque l'on s'attarde sur le projet de loi: fini la présomption d'innocence (comme pour de Villepin d'ailleurs), renversement de la charge de la preuve (on te dit "Tu as téléchargé", tu réponds "Quoi?", on te réponds "A toi de me le dire, mais tu as téléchargé") délit de non-sécurisation de l'accès Internet (un pirate qui veut pirater un accès arrivera toujours à pirater cet accès),...
L'aveuglement propagandiste par de pseudo-simplifications techniques a encore de beaux jours devant lui, et HADOPI, bien qu'elle paraisse noble et simple, n'est qu'une boîte de Pandore de plus.
19 Oct. 2009 - 23:45, par Marc Galan