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Le Marketing et GNOME

[via Acts of Volition]
Steven Garrity est l'auteur d'un article concis et précis sur les lecteurs RSS dans GNOME publié sur GNOME Journal, mais ce n'est pas tant cet article qui a retenu mon attention que "Marketing GNOME", une sorte de synthèse des diverses discussions concernant le 10x10 lancé par Jeff Waugh récemment.

Première réflexion sur le marketing lui-même :

Let me start by making something plain: marketing is not about convincing people to buy (or use) your product or service. That is *selling*. Marketing is about matching the output of your organization to the demands of the (chosen) market. Put another way, marketing is about finding out what people want, and then giving it to them.

Traduction possible :

Laisse-moi commencer par mettre les choses à plat : le marketing ne consiste pas à convaincre les gens d'acheter (ou d'utiliser) ton produit ou service. Ca, c'est *vendre*. Le marketing consiste à faire correspondre les productions de votre organisation avec les demandes d'un marché (sélectionné). Dit autrement, c'est trouver ce que veulent les gens, et le leur donner.

Voilà qui donne déjà matière à débat, il me semble.

On a parfois tendance à décrire le développeur de logiciels libres comme des "hobbyistes" (à l'image de Bill Gates, dans sa célèbre lettre ouverte aux Hobbyistes). En gros, ça te gratouille quelque part, il te semble qu'il te manque quelque chose sur ton OS / programme préféré, et pour calmer la démangeaisons, tu te retrousses les manches et tu combles ce vide.
Encore faudrait-il que ce manque soit partagé par au moins une partie des utilisateurs, autrement ton code n'aura pas servi à grand-chose. Mais, par expérience, je sais que la plupart du temps, les intuitions d'un libriste sont souvent censées, et on ne voit que très rarement une grosse absurdité intégrée dans un environnement de bureau et / ou un programme de grande ampleur. Même si les libristes sont réfractaires à une certaine forme d'autorité, ils n'en restent pas moins organisés ; dans l'équipe de développement de Mozilla, par exemple, on compte des "aiguilleurs" qui trient le bon grain de l'ivraie dans les demandes des utilisateurs pour que les développeurs se concentrent sur des fonctionnalités réellement utiles.

Dans un projet aussi énorme que GNOME, il est certain qu'il faut également un semblant de "guide", ou de "marche à suivre". C'est là que peut intervenir la bonne dose de marketing. Faire une "étude de marché, afin de comprendre ses besoins. Le discours de Jeff Waugh à Stuttgart était extrêmement éclairé : faire progresser les traductions dans les langues étrangères (autres que l'anglais, quoi), se développer dans le tiers-monde (Afrique essentiellement), conquérir des nouveaux territoires (pourquoi pas voir les JO de 2008 gérés intégralement par des PCs sous Linux / GNOME ?).

L'article continue en jetant quelques éléments de réponse à 3 questions :
- Qui va faire ce marketing dans l'organisation GNOME ?
- Qui est la "cible" de GNOME (c'est à dire : qui va être intéressé par l'utilisation de GNOME ?)
- Que veulent ces gens ?

Une bien belle lecture.

15 Juillet 2005 - 21:52, par martoni

je ne suis pas trop d'accord avec cette définition, mais plus avec celle de kotler : « Le marketing est l'ensemble des techniques et études d'applications qui ont pour but de prévoir, constater, susciter, renouveler ou stimuler les besoins des consommateurs et adapter de manière continue l'appareil productif et commercial aux besoins ainsi déterminés. »

voir wikipedia -> http://fr.wikipedia.org/wiki/Marketing

16 Juillet 2005 - 15:13, par kNo'

"susciter, renouveler"

C'est bien là que le bât blesse. Quand les besoins ne sont pas "naturels", mais "décidés" plus ou moins par les gourous de la consommation, ce n'est plus un besoin de l'utilisateur. C'est du bourrage de crâne, un peu à la manière des émissions de tévé qui marchent parce qu'on a asséné que c'était bien à longueurs de temps, ou les "tubes de l'été" qui cartonnent parce qu'ils sont matraqués dix fois par jour sur les radios FM.

Dans le LL plus qu'ailleurs, il est très difficile, voire impossible d'imposer quelque chose que les libristes ne veulent pas. C'est presque un réflexe, dès qu'on essaie de leur forcer la main, ça les braque ; il faut s'y faire, nous sommes des anticonformistes.

Et c'est peut-être en ça que la définition générale du marketing ne s'appliquera sûrement pas aux LL. Peut-être faudra-t-il adapter le marketing à ce nouveau "marché".

26 Fév. 2007 - 21:10, par Bader

Justement dans le logiciel libre il a création d'une demande !
En créant la demande de logiciel qui soit libre, ce qui n'existait pas avant, on donne au logiciel libre un avantage concurrentiel.
Faire en sorte que l'utilisateur demande du logiciel libre, c'est donc bien un acte hautement marketing.


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