La mode de l'équitable
[vu à la tévé]
Dans l'émission éminemment sympa "Demain le monde", sur Canal+, j'ai vu un reportage sur les textiles équitables, qui alimenteraient de plus en plus les podiums des défilés de mode.
Moi je dis : "AU SECOURS".
C'est la pire chose qui pouvait arriver au commerce équitable. A la base, le commerce équitable est un moyen éthique de rémunérer correctement le producteur d'un bien, alimentaire ou vestimentaire.
C'est un moyen citoyen de lutter contre les exploitations de l'homme par l'homme, que ce soit dans les rizières vietnamiennes ou les "sweat-shops" indonésiens. En soi, c'est réellement une bonne chose(tm).
Mais je me souviens qu'à une époque pas si lointaine que ça, nous avions vu quelques top-models arborer une pancarte "plutôt être nue qu'en fourrure", à grands renforts de flashs et autres reportages au Jité ; moult débats autour du "scandale" de la fourrure et de ses méthodes d'élevage / chasse / abattage, impliquant les syndicats des maîtres-fourriers désireux de conserver leur chiffre d'affaires contre les furies pro-animaux.
Mais voilà.... la mode est ainsi faite qu'au bout d'un certain temps, la boucle revient au point de départ et les "tendanceurs" ont d'un seul coup jeté leur éthique aux orties et se sont assis sur leur bonne conscience pour déclarer (sans rougir) que la fourrure était super-tendance, que ça revenait très fort, et que, toi aussi, madame, tu vas vider ton compte en banque pour un cache-nez en renard argenté ; et toi aussi monsieur, tu vas être obligé de faire crier la carte de crédit pour un manteau top-moumoute du meilleur effet.
Honteux.
J'ai bien peur que si le textile équitable devient à la mode, au bout d'un certain temps, il devienne démodé et qu'on l'oublie. Le meilleur moyen de durer, c'est de ne jamais être à la mode.
Très chère lectrice, ça serait vraiment dommage que disparaisse ton string équitable.
29 Jan. 2005 - 19:58, par lolo
23 Mars 2005 - 22:31, par Marion
Le résultat obtenu dépend donc en grande partie de son utilisateur, c'est-à-dire : les producteurs et les consommateurs. Les PDG tenterons de satisfaire le consommateur afin de faire du profit, c'est comme ça! Si les consommateur demandent de la fourrure car c'est à la mode et bien ils en auront. Car on a beau dire le citoyen lambda préférera ressembler à une Jennifer Lopez dans son manteau de fourrure Prada qu'à un hippie survivant dans son poncho péruvien.
Si une maison de haute couture lance une ligne biologique, les consommateurs demanderont du biologique et les grands distributeurs l'offriront. Un simple mouvement de foule éphémère et sans convictions? peut-être dans un premier temps, mais la prise de conscience se fera et les médias parleront des problèmes du développement durable. Comme la fourrure me direz-vous! Probablement mais une démarche aura été faite et peu à peu l'idée d'avoir une mode "propre" cheminera dans les esprits et il se pourrait bien qu'à terme elle devienne une évidence.
Vous aviez pris l'exemple de la fourrure, je citerai le pantalon, en effet il y cent ans une femme en pantalon était choquante et voyez l'état des choses actuellement… On peut voir la mode comme une frivolité délirante de la société de consommation mais elle fait partie intégrante de notre civilisation depuis plus de mille ans, alors autant qu'elle soit utilisée a bon escient.
23 Mars 2005 - 23:42, par kNo'
Les guerres, les meurtres, les viols, les haines en tous genres sont également une partie de ce que nous appelons civilisation. Je ne vois aucune raison pour les continuer.
"Le chaînon manquant entre l'animal et l'homme, c'est Nous." - Pierre Dac
25 Mars 2005 - 12:00, par Marion
Comparer la mode à la guerre, aux viols, à la haine n'a pas beaucoup de sens car il ne semble pas que cet avatarde la société de consommation soit aussi nuisible. D'ailleurs le philosophe Gilles Lipovetsky déclare dans son essai "l'empire de l'éphémère" que "...le système achevé de la mode représente sur le long terme une chance pour les démocraties, délivrées aujourd'hui des fièvres extrémistes, acquises tant bien que mal au changement, à la reconversion permanente...Premiers paradoxes de nos sociétés: plus la séduction se déploie, plus les consciences se convertissent au réel; plus le ludique l'emporte, plus l'ethos économique est réahbilité; plus l'éphémère gagne, plus les démocraties sont stables, peu déchirées en profondeur, réconciliées avec leurs principes pluralistes. Même non chiffrable, il s'agit là d'atouts immenses dans l'édification de l'avenir." Et il déplore le peu d'interêt réel dont fait preuve le monde intellectuel face à la question de la mode, l'ayant trop facilement classé dans le problème des classes sociales : "Nulle part ailleurs la connaissance ne s'est à ce point installé dans le ressassement tranquille, dans la raison paresseuse exploitant la même recette passe-partout". Et voilà, je me la suis jouer un peu "la culture c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale" mais ca m'a fait assez plaisir. J'attends vos remarques, le débat est un aussi un outil important de la démocratie et mon avis peut évoluer, étant acquis "tant bien que mal au changement, à la reconversion permanente" même si l'on peut avoir des convictions.
17 Mai 2005 - 22:18, par Commerce Equitable
3 Nov. 2006 - 13:44, par jinet
3 Nov. 2006 - 13:47, par lili
3 Nov. 2006 - 13:54, par kNo'
10 Nov. 2006 - 15:19, par Nelty
25 Jan. 2007 - 16:21, par Bertrand