Spring is hate...

Voynich

[via Astronomy Picture Of the Day]
Le manuscrit Voynich fait partie de ces énigmes dont il est vraisemblable que personne n'aura jamais le fin mot.
une page écrite du manuscrit

Ce manuscrit prend la forme d'un ouvrage de 200 pages environ, vraisemblablement écrit au XV° siècle, dans un langage qui nous est totalement inconnu, par un auteur dont nous ne savons rien.
De nombreuses illustrations accompagnent le texte, dont certains dessins de constellations qu'on reconnaît aisément, ainsi que des représentations des astres visibles à l'oeil nu (Vénus, Mars...), le soleil prenant une part relativement importante dans ces dessins. On y voit aussi des illustrations d'herboristerie ou de pharmacologie.
une page du manuscrit, illustrations

Les cryptologues de tous les âges se sont penchés sur ce manuscript pendant les ères, et personne n'a réussi à en tirer quoi que ce soit de probant. Certains sont même arrivés à la conclusion que ce manuscrit n'était qu'un faux, un canular.

Le mystère reste entier sur son origine et son contenu exact.

Pour aller plus loin, on peut consulter l'entrée Wikipedia correspondante, très complète, mais malheureusement pas traduite en Français.

7 Aôut 2006 - 18:15, par Eric

J'ai découvert récemment cette histoire intrigante et j'ai une explication à proposer, qui n'a (et cela m'étonne) semble-t-il pas été envisagée jusqu'ici, et qui me paraît très plausible. Ce qui m'y fait penser, ce sont les caractéristiques d'ensemble de l'ouvrage, du "texte", des dessins.

Manifestement il ne s'agit pas d'un texte écrit dans une langue "humaine", c'est-à-dire sensée pour nous (la répétitivité rapprochée des "mots" (groupes de caractères serait plus approprié) l'exclut à mon avis). La répartition binômiale des termes indique également qu'il ne s'agit probablement pas d'un codage (la répartition binômiale est la plus "aléatoire" des répartititions : c'est celle qui correspond à l'absence totale de structure cachée).

Ma conclusion est qu'il s'agit d'un pseudo-texte écrit par quelqu'un qui ne comprend pas ce que signifie "écrire" (c'est-à-dire qui est incapable d'apprendre à écrire, à qui échappe la notion de sens dans l'écriture), et qui a "imité" (je dirais même "singé") l'écriture avec des caractères sans queue ni tête. Le fait que ces caractères forment une sorte d'alphabet montre en revanche que cette personne a identifié en observant des écritures réelles (et peut-être aussi, je dirais même probablement, en observant des scribes ou des copistes) que celles-ci sont formées de signes répétitifs en nombre limité, et que ces signes forment eux=mêmes des structures qui se répètent (les mots).

Notons également l'absence totale de ponctuation pour un manuscrit manifestement de type médiéval ce qui est étonnant pour un texte

Concernant les dessins, on a aussi en les observant la sensation que la personne reproduit la structure des plantes sans se référer à des plantes véritables, comme si elle ne comprenait pas vraiment ce qu'elle dessine, ou que ce qui l'intéresse c'est de dessiner de manière obsessionnelle des formes ressemblant à des plantes, "inspirées" par des planches observées dans des livres genre herbier.


Les motifs avec des femmes sont plus intrigants, mais évoque les anges dont on enluminait les manuscrits, qui seraient le modèle que l'auteur a imité, mais en le combinant à deux autre motifs obsessionnels, les tuyaux et les femmes. Remarquons que ce motif s'entremêle avec l'autre obsession, les plantes.


L'ensemble de ces observations me fait fortement penser qu'il s'agit de l' oeuvre "artistique" d'une personne de type "autiste savant" fasciné par les manuscrits. Je me hasarderais même à avancer qu'il s'agissait encore d'un enfant.

En effet on connaît un certain nombre de cas d'enfants autistes, même très jeunes, capables de productions artistiques tout à fait étonnantes en qualité, complexité et quantité, comme cet anglais Stephen Wiltshire, (maintenant un jeune homme) capable de dessiner une ville comme Rome avec une foule de détails après un rapide survol en hélicoptère de 30 mn. Il dessine également des villes imaginaires, ceci pour répondre d'avance à ceux qui objecteraient que les autistes ne peuvent pas faire preuve d'imagination et ne pourraient que recopier la réalité. C'est d'ailleurs en général plutôt le contraire : ils font rarement preuve de réalisme, et s'il est capable à la demande de reproduire quasi-photographiquement des bâtiments réels (et de mémoire en les ayant vu rapidement une fois svp), Stephen préfère les oeuvres d'imagination pure, parce qu'elles sont plus riches et plus complexes. Ce qui est frappant dans le cas de Stephen, c'est qu'il dessine pour dessiner, pour répondre à une sorte de besoin, de compulsion à dessiner, pour "se faire plaisir", satisaire une fascination, non pour signifier quoi que ce soit, c'est-à-dire que l'idée de transmettre une idée, une émotion ou un message à quelqu'un d'autre est absente. Le dessin est un but en soi, sa propre justification, et ne signifie rien. Seuls sa fabrication et l'effet visuel qu'il produit (deux stimulations agréables du cerveau) importent.

Dans le même genre, vous pouvez voir les dessins de Gilles, autiste alsacien, et de la ville imaginaire (Urville) qu'il a imaginée http://urville.chez-alice.fr/.

Autre caractéristique qui nous rapproche du Voynich, le caractère répétitif du sujet choisi : Stephen ou Gilles ne dessinent que des bâtiments. Beaucoup d'artistes autistes n'ont qu'un (ou quelques) sujets de prédilection, obsessionnels. Ceci expliquerait, si mon hypothèse était avérée, à la fois la prolixité et la finalement relative pauvreté et répétitivité des motifs du Voynich.

Autre indice : les dessins circulaires (interprétées comme des galaxies) ont surtout pour caractéristique d'être extrêmement symétriques, or les autistes sont généralement fascinés par la symétrie, d'autant plus les symétries riches et complexes, ainsi que par les objets en rotation ou circulaire.


La conséquence de mon hypothèse concernant le manuscrit est qu'il n'aurait alors aucun sens caché et ne révèlerait rien, sinon les obsessions de son auteur autiste. Il serait donc vain et absurde d'y chercher le moindre "message secret" transcendantal ou une connaissance extraordinaire d'origine fantastique.


8 Aôut 2006 - 09:04, par kNo'

euh... intéressant. Mais je trouve au moins une faille à ton raisonnement : à l'époque où a été conçu ce manuscrit, les autistes étaient considérés comme des sous-hommes et leur durée de vie était quasiment réduite à zéro. Les malades mentaux étaient au mieux parqués dans des hospices, au pire, laissés à leur triste sort.
Comment un autiste aurait-il pu avoir accès à du parchemin, des stylos et de l'encre (très précieux tout ça, à l'époque), pour y "gribouiller" des dessins et des lettres ? Qui aurait laissé un autiste, qui plus est un enfant, "gâcher" ces feuilles de parchemin ?

Ca ne tient pas tout à fait debout...

5 Oct. 2007 - 22:25, par Fabrice

peut etre qu'il y a une part de verité mais moi je pense pourquoi on voit les dessins des femmes avec des tuyaux de plantes? alors quel point entre les deux? L' ADN.


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